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| Dans ce projet, nous avons demandé à
des écrivains de travailler librement autour du thème de l'entrée,
voire d'écrire une entrée solennelle. Rappelons que l'entrée
solennelle est une manifestation urbaine, une parade qui, à l'époque
glorieuse de la Renaissance, était le fait de grands écrivains
comme Ronsard ou Maurice Scève. Les artistes, en accord avec les
édiles municipaux, concevaient les programmes iconographiques, mythographiques
et littéraires de ces processions. Au Moyen Âge, à la
Renaissance et au XVIIe siècle, les entrées consistent en
la venue d’un monarque ou d'un grand qui vient « rencontrer
» la ville, moment eucharistique, moment d'échange intense
où les hôtes se nouent dans cette interaction. La ville se
pare pour recevoir l’invité d'honneur. Mais, par-delà
cette manifestation politique, et parfois religieuse dans ses tonalités,
il y a un espace, une mise en scène, un seuil et ce geste d'entrer.
Entrer au delà des murs, entrer dans les murmures, passer la frontière,
signer la marge. L'entrée solennelle met en évidence ce geste
tout simple qu'est entrer, passer le seuil, soit expérimenter dans
son radical étymologique. Cette gestuelle, rituelle, répétitive,
protocolaire, est une manière de réfléchir sur les
contours, les marges et le sens d'une communauté, d'un monde ouvert
à sa transfiguration. Ainsi entrer est toujours un peu plus que ce
que le rite d'interaction prévoit.
Entrer sur scène, entrer dans la vie, entrer dans une ville, entrer dans un lieu public, entrer dans le texte, mais aussi parfois sortir de la vie, faire muraille contre le monde, perdre l'axe ... Texte d'Emma Donoghue Texte d'Eugène Nshimiyimana
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